Depuis quand l'esclavage existe-t-il PTINTERO.gif (1122 octets)

 

L’esclavage n’existait pas dans les sociétés les plus primitives, dans lesquelles l’homme ne songeait qu’à éliminer physiquement son ennemi. Il a fallu une phase plus élaborée de la société pour que l’homme projette de préserver son prisonnier afin de le transformer en travailleur à son service.

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Dans la plus haute antiquité on pratiquait l’esclavage sous deux formes différentes : non-libres relatifs ou non-libres absolus. Dans le premier cas, dans la même ethnie, dans la même cité, dans la même tribu, on pouvait trouver des hommes libres ou des esclaves. Alors ces derniers pouvaient parfois jouir de certains droits civiques ou politiques. Dans le second cas, l’esclave était un étranger, un captif, ou un prisonnier de guerre : il était, en fait comme en droit, la chose de son maître.
Le sort des esclaves n’était donc pas uniforme dans ces deux conceptions. On pouvait en effet distinguer un esclavage « domestique » où l’esclave intégré à la famille était traité humainement et un esclavage « pénitentiaire » où les masses serviles étaient achetées sur le marché et utilisées au maximum de leur rendement le plus souvent au bénéfice de grands propriétaires fonciers.
À Athènes un grand nombre d’esclaves exerçaient un métier, habitant à l’extérieur de la maison de leur maître et lui versant une rente. Tous étaient privés de droits civiques.
À Rome, à partir du 4è siècle av. J.-C., certains esclaves pouvaient devenir affranchis, c’est à dire citoyens de plein droit. Deux siècles plus tard le nombre des esclaves augmenta énormément à cause des guerres et des conquête. On dit que César vendit un million de Gaulois en dix ans. Le régime concentrationnaire, la haine des maîtres cruels, le refus des combats de gladiateurs, la volonté des esclaves prisonniers de guerre de regagner leur pays d’origine, engendrèrent de nombreuses révoltes dont la plus célèbre fut celle de Spartacus.
L’esclavage a continué d’être pratiqué dans le midi méditerranéen pendant tout le Moyen-Age avec sa continuation sous la forme du servage.
L’époque des grandes découvertes, avec les conquistadores, ouvre une nouvelle phase dans l’histoire de l’esclavage.
Au XVIe siècle, Bartolomé de las Casas, ému par le sort des Indiens soumis à la cruauté des Espagnols, arrive à convaincre Charles Quint de prendre des mesures de protection vis à vis des Indiens d’Amérique. C’est alors que, pour donner satisfaction aux colons qui avaient besoin de main d’oeuvre pour assurer le travail de leurs terres, on commence à faire venir d’Afrique les premiers esclaves noirs.
Il ne faudrait cependant pas croire que c’est là la première manifestation de l’esclavagisme en Afrique. En effet, ce continent a connu le phénomène depuis l’Antiquité sous deux formes : exportation d’esclaves (vers le bassin méditerranéen, mais aussi l’Inde ou la Chine) ou traite intérieure puisque la grande majorité des sociétés africaines étaient esclavagistes.
La traite atlantique commence donc avant 1500 et devient monopole d’État avec le système des asientos, contrats par lesquels l’État cède à un particulier le monopole de la fourniture d’un nombre donné d’esclaves. Au cours du XVIIIe siècle plus de 6 millions d’Africains auraient ainsi traversé l’Atlantique.
C’est au cours du XIXe siècle que commence le mouvement d’abolition de l’esclavage selon un processus en plusieurs étapes.
Tout d’abord plusieurs pays (Danemark en 1803 puis Angleterre et États-Unis en 1808) interdisent la traite des noirs. Ces décisions sont sans effet jusqu’en 1815 quand l’Angleterre prend la tête d’une croisade mondiale contre la traite et l’esclavage, et les États européens signent la première réprobation universelle de l’esclavage (le nom de William Wilbeforce reste attaché à ces efforts de l’Angleterre).
La France, grâce à Victor Schoelcher, décrète la suppression définitive de l’esclavage dans ses colonies en 1848. Puis, après la guerre de Sécession, les États-Unis sont la première nation à abolir l’esclavage à l’intérieur de ses propres frontières. Enfin, à partir de la fin du XIXe siècle, le pouvoir des trafiquants d’esclaves est mis à mal grâce à la pénétration au sein du continent africain des pays colonisateurs (René Caillé, Livingstone, Savorgnan de Brazza, Stanley).
Il aura fallu un demi siècle pour faire cesser réellement le trafic, car deux phénomènes d’expansion économique ont provoqué simultanément une forte demande de main d’oeuvre : au Brésil et à Cuba (production sucrière) et aux États Unis (la production de coton connaît un extraordinaire essor). On évalue à deux millions le nombre d’esclaves noirs qui ont été déportés vers les États-Unis, les Antilles et le Brésil, dans le courant du XIXe siècle.
C’est finalement sur le terrain international que se déroulèrent les dernières phases de l’action officielle contre l’esclavage : du traité de Washington en 1862 au pacte de la Société des Nations, plusieurs textes, traités, conférences internationales confortent la résolution d’abolir l’esclavage.
La suppression de l’esclavage a été réaffirmée par la Déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948 (article 4).
Les mesures d’abolition prises au cours des deux derniers siècles ont été initiées par des considérations philosophiques et morales. La dimension politique, économique et sociale a trop souvent été oubliée, de sorte qu’en mettant les esclaves en liberté, les abolitionnistes les ont fait tomber dans le prolétariat le plus défavorisé, faute d’une plus juste répartition des moyens de production.