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L’esclavage est officiellement aboli dans le monde.
Pourtant d’autres formes d’exploitation asservissent des milliers de personnes, souvent des enfants.

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Il y a deux cents ans, le 4 février 1794, l’esclavage est aboli dans les colonies françaises. Il est rétabli par le premier Empire et disparaîtra définitivement (en principe) par un décret de la IIe République, le 27 avril 1848.

En 1825, l’Angleterre se rallie au mouvement. Les autres pays suivent progressivement, mais il faut attendre 1981 pour que la Mauritanie se prononce officiellement pour l’abolition de l’esclavage.

Aujourd’hui donc, l’esclavage est juridiquement aboli dans le monde.

Pourtant plusieurs dizaines de millions de personnes sont en situation d’esclavage, soit sous forme traditionnelle comme dans certains pays d’Afrique (Mauritanie, Soudan) ou d’Asie (Inde), soit sous de nouvelles formes d’asservissement.

En Mauritanie, la Constitution interdit officiellement l’esclavage. Mais dans la pratique, plusieurs dizaines de milliers de Noirs originaires du Sud du pays, sont maintenus en servitude par des Maures du Nord.

Au Soudan, la guerre que livrent les propriétaires arabes du nord contre les noirs animistes et chrétiens du sud contribue à maintenir et même à développer la tradition esclavagiste (les captifs sont revendus entre 30 et 40 dollars par tête).

En Inde, malgré les efforts du gouvernement, plusieurs centaines de milliers de membres de castes inférieures sont tenus en esclavage et parfois vendus, les enfants appartenant toujours au propriétaire de la mère.

Beaucoup plus répandues, d’autres formes d’esclavage comme « la servitude pour dettes » n’épargnent aucune région du Globe. Par exemple, un employeur propose à un ouvrier un prêt qu’il pourra rembourser avec ses gains futurs. Mais comme les salaires sont très bas, l’employé se trouve dans l’impossibilité de rembourser ; la dette s’accroissant, le travailleur se trouve lié à un patron jusqu’à la fin de ses jours.

Cette pratique de l’esclavage pour dettes est surtout répandue en Asie du Sud-Est et en Amérique latine.

Le Bureau International du Travail estime qu’au Pakistan, le travail forcé toucherait quelque 20 millions de personnes (dont 7,5 millions d’enfants) travaillant notamment dans les briqueteries, chez les tailleurs de pierre, les tisserands, les fabriquant de cigarettes ainsi que dans l’agriculture. En Inde, 5 millions d’adultes et 10 millions d’enfants seraient asservis dans l’agriculture, les métiers du bâtiment, la pêche, la production de tapis et de poteries.

Au Pérou, on a constaté que le servage pour dettes, le recrutement illégal ou forcé de main d’oeuvre, le travail dans des conditions inhumaines et l’exploitation des enfants sont encore des pratiques courantes. Concernant les enfants, la forme la plus haïssable de leur exploitation réside dans la prostitution. Elle est la plus connue mais elle ne saurait faire oublier les millions de petits esclaves qui sont kidnappés pour être enfermés dans des ateliers clandestins, servir de domestiques, ou être vendus à une autre famille. Ils sont souvent maltraités, soumis à des sévices sexuels, mal nourris et astreints à des horaires exténuants, voire à des travaux dangereux.

Cependant, des gouvernements comme ceux du Bangladesh, de l’Inde, du Népal, du Pakistan, du Sri-Lanka et de Thaïlande ont pris l’engagement d’abolir « effectivement et immédiatement » le servage des enfants et d’en faire un objectif prioritaire de leur politique nationale de l’enfance.

Ils ont reconnu la nécessité d’une volonté politique englobant des réformes législatives, des mécanismes de contrôle efficaces et un système d’éducation obligatoire et gratuit.