| La Convention européenne des droits
de lHomme a été le premier instrument élaboré au sein du Conseil de
lEurope et ouvert aux États membres de cette organisation. Signée à Rome le 4
novembre 1950 et entrée en vigueur le 3 septembre 1953, cette convention lie
aujourdhui tous les États du Conseil de lEurope (32 pays). Cependant, cette Convention ne constitue quune sorte
de « menu à la carte », chacun étant libre dadhérer ou non à telle ou telle
disposition.
Ceci montre ses limites et les difficultés de son
application : une extrême lenteur dans ladoption des textes par les États (il a
fallu 31 ans avant que la France naccepte de recevoir les requêtes individuelles)
et surtout les réserves possibles, formulées par ces mêmes États, empêchant certains
articles de la Convention de sappliquer aux législations nationales (la France
refuse de reconnaître les textes européens sur le régime disciplinaire des armées).
Les requêtes auprès de la Convention peuvent
être étatiques ou individuelles. Dès quun état adhère à la Convention, il
dispose du droit de recours contre un autre état membre sil estime que ce dernier a
commis une violation dun droit garanti par la Convention. Ce droit a très peu
fonctionné.
En revanche, le nombre de requêtes formulées par
un individu contre un état-membre est important mais les conditions de recevabilité
étant draconiennes, il ny a que 10 % environ de requêtes présentées qui sont
examinées. Il faut en particulier que toutes les voies de recours nationales aient été
épuisées : agir par exemple devant un tribunal de grande instance, puis interjeter
appel, puis former un pourvoi en cassation dans un délai maximum de 6 mois.
Les organes de la Convention siègent à Strasbourg
et comprennent :
- la Commission européenne des droits de lHomme
qui étudie la recevabilité des demandes ;
- la Cour européenne des droits de lHomme qui
se compose dautant de membres quil y a dÉtats contractants, et qui rend
des arrêtés motivés et sans appel. Cependant les décisions de la Cour ne peuvent ni
casser une décision interne, ni annuler une loi.
La Cour constate simplement la violation dun
droit garanti par la Convention. Il appartient alors à lÉtat coupable de prendre
des mesures nécessaires pour que de telles violations ne se reproduisent plus à
lavenir. Bon gré, mal gré, les États se plient généralement aux décisions de
lorgane supranational. |