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Petite anthologie des littératures occitane et catalane
Josep-Sebastià Pons , Helena
Helena
Tot sovint havia sentit en la manera de dir o en les paraules de l’Helena com el viu ressò del passat. Semblava que les portava impreses en la frescor de la memòria. Impreses amb una lletra clara.
Mes jo ignorava el do que tenia d’inventar un conte de caient tradicional.
Vaig descobrir aquest privilegi seu a la vora d’un gorg del qual no puc recordar el nom. Hi solíem acudir per passar el dia o la tarda. El paratge era admirable.
Imagineu el llit assolellat de la ribera, la flaire dels maimoris i al voltant una fina pollancreda que ens separava del món. El gorg reflectia la muralla del tuire. Engolia a la vista gran part de l’aigua que hi entrava, perquè la que eixia tot formant una corba no ens arribava a mig genoll. Jo em deixava submergir en una simfonia escoladissa. L’aire recollia la plenitud de l’estiu. El picassó d’un bosquerol la subratllava.
Doncs, mentre una subtil contemplació em portava enllà del temps, o al cor del temps, que és tot u, vaig notar que l’Helena, havent juntat les tres filles en un sorral a l’ombra, les entretenia amb un discurs seguit, sense parar mai de broquejar.
M’hi vaig atansar a la callada, mes no tant que no ens separés la fressa de l’aigua.
L’Helena deia un conte. Certa manera de perdre i retrobar el fil de la paraula deixava entendre que l’anava imaginant i que el conte naixia naturalment de les remors de la tarda.
I vet aquí. “En no sé quina vall i en una barraca sola, sense més casa a una hora a la rodona, vivia una família de bosquerols. Eren més pobres que les rates. A la cuina hi havia només uns quants escambells, una taula malmesa i una olla fumosa penjada als cremallers.
Un dia la mare diu a la filla :
–Margarideta, pren aquest tupinet i porta el dinar al pare i als teus germans, que són al bosc a treure llenya.
La filla pren el tupí a la mà i, camina que caminaràs, se’n va cap al bosc…
Josep-Sebastià Pons, "La ceba a mullega", Llibre de les set sivelles, Barcelona, 1956 . |
Hélène
J’avais souvent observé dans la manière de dire d’Hélène et dans ses moindres expressions, comme un vif écho du passé. Ce qu’elle avait fine-ment recueilli au temps de son enfance, demeurait gravé dans sa mémoire.
Mais, j’ignorais encore qu’elle avait le don d’inventer un conte de caractère traditionnel.
Je découvris ce privilège qui était le sien, à Ille, au bord d’un gouffre dont j’ai oublié le nom. Nous avions coutume de nous y rendre pour passer la journée ou pour attendre le soir. Le site était admirable.
Imaginez le lit ensoleillé de la rivière, le parfum des immortelles à travers les galets, et, tout autour, de fins peupliers qui nous séparaient du monde. Le gouffre reflétait une falaise argileuse. Il avalait visiblement une grand partie de l’eau qui s’y déversait, car celle qui se délivrait en formant une courbe, ne nous arrivait pas à mi-jambe. Je me laissais pénétrer par une symphonie aérée, toujours égale. La coupe de ciel recueillait la plénitude de l’été, que soulignait à coups pressés, la cognée d’un bûcheron dans le voisinage.
Donc, tandis qu’une subtile contemplation me portait au-delà du temps, ou au cœur du temps, ce qui revient au même, j’observai qu’Hélène, après avoir réuni les enfants à l’ombre d’un petit saule, sur une bande de sable, leur tenait un discours ininterrompu, sans délaisser, d’ailleurs, son ouvrage de tricot.
Je m’approchai, mais non pas assez pour ne pas être séparé par le fracas de l’eau.
Hélène disait un conte. Certaine manière de perdre et de retrouver le fil de la phrase, me laissait entendre qu’elle l’imaginait et que le conte naissait naturellement des rumeurs de l’après-midi. Et le voici :
« Dans je ne sais quelle vallée et dans une chaumière isolée, sans aucune autre habitation à une heure à la ronde, vivait une famille de bûcherons. Ils étaient plus pauvres que des rats. À la cuisine, il n’y avait guère que deux ou trois escabeaux, une table branlante et une marmite enfumée suspendue à la crémaillère.
Un jour la mère dit à sa fille :
–Prends ce pot, Margueridette et porte le dîner à ton père et à tes frères, qui font du bois dans la forêt.
La petite prend le pot, et la voilà qui se met à cheminer. Elle va à la forêt…
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Josep Sebastià Pons, La vigne de l’ermite, Don Juan de Serrallonga, L’oiseau tranquille, Editions du Chiendent, Marcevol, 1987.
Josep Sebastià Pons, Poesia completa , Edició crítica de Cristià Camps, Columna, Barcelona, 1988.
Josep Sebastià Pons, Teatre, Introducció, edició i glossari a cura d’August Bover i Font, Institut del teatre, Diputació de Barcelona, Barcelona, 1990.
Josep Sebastià Pons, Prosa completa I, Edició crítica a cure d’Enric Prat i Pep Vila, Columna, Barcelona, 1991.
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