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A propos des ballons sondes..., quelques récits historiques.

Auteur : Jacques PERIES

Professeur de Physique, Accompagnateur scientifique pour Lamap66

Adresse: Lycée Jean LURCAT

PERPIGNAN

sommaire:


LE PREMIER HOMME QUI A OUITTÉ LA TERRE PILATRE DE ROZIER..

PREMIER VOL DU ZEPPELIN

LE TOUR DU MONDE EN BALLON  


LE PREMIER HOMME QUI A OUITTÉ LA TERRE PILATRE DE ROZIER..
 
Dans l'histoire de l'aviation, où première place revient au plus lourd que l'air, nombre de dates l'aérostation, entre toutes glorieuses, méritent néanmoins qu'on s'attarde ! La première ascension, due à Pilâtre de Rozier monté sur une montgolfière, est une de ces dates et la France a le droit d' être fière.
 
Ainsi, le 5 juin 1783, à Annonay, les frères Montgolfier ont réussi à faire s'élever dans les airs un globe de papier gonflé à l'air chaud. Le 19 septembre, à la demande de Louis XVI et de l'Académie, l'expérience dont le retentissement a été considérable, vient d'être répétée avec un plein succès au château de Versailles, devant le roi et la reine. L'aérostat a emporté un mouton, un coq et un canard, afin que l'on se rendît compte si l'atmosphère au-dessus du soi était vraiment respirable.
Le 15 octobre de la même année, un homme particulièrement courageux. François Pilâtre de Rozier, originaire de Metz, fendant les rangs de la foule, s'est spontanément offert pour prendre la place du mouton, du coq et du canard. Les deux frères Joseph et Étienne de Montgolfier, qui vienne de recevoir de Louis XVI leurs lettres de noblesse, hésitent à accepter, puis finalement y consentent.
La première tentative a lieu dans un parc, à Paris, rue de Montreuil. Pilâtre de Rozier s'élève à 20 mètres de hauteur et redescend aussitôt. Le 20 octobre, il monte à environ 60 mètres. Encouragé par ces succès, qui ont bouleversé d'admiration les témoins, il prend, quelques heures plus tard, un passager avec lui, Giroud de Villette, afin de l'aider à entretenir le feu nécessaire à l'ascension, car, pour parvenir à gagner de la hauteur, il est indispensable de maintenir sans cesse à une température élevée l'air chaud contenu par la montgolfière.
Le moyen employé est rudimentaire : il consiste à enflammer sans arrêt des bottes de paille dont la nacelle est remplie et à passer la flamme à l'intérieur du -ballon par des orifices ménagés à la base du cylindre qui termine l'enveloppe. Comme l'air se refroidit rapidement, le feu doit être constamment entretenu, faute de quoi l'aérostat redescend. Pilâtre de Rozier a remarqué qu'en réglant habilement la température, il est possible de s'élever ou de baisser et de remonter presque à volonté.
 
On frémit à la pensée de cette énorme enveloppe de cotonnade et de papier essentiellement inflammable, de plus de 10 mètres de diamètre, avec cette paille embrasée dont les courants d'air faisaient à chaque instant tourbillonner les flammes et voler les étincelles .
Pilâtre de Rozier et Giroud de Villette prennent le départ, au milieu de l'enthousiasme des spectateurs, dépassent l'altitude de 80 mètres, où ils réussissent à se maintenir près de dix minutes. Mais l'ascension a, chaque fois, été captive ; la montgolfière a été reliée au sol par une corde pour l’empêcher d’être emportée par le vent.
Photo: Histoire de l'aviation Flammarion 1958
Hanté par l’idée du vol libre, Pilâtre de Rozier décide aussitôt de faire mieux. Il lui semble qu’avec ce câble qui le rive à son treuil , l’homme n’a pas encore quitté la terre . Il est toujours prisonnier ! Il veut démontrer que désormais les chaînes sont tombées, que l’homme est libre , qu’il peut maintenant traverser les airs comme un oiseau sur une longue distance ,passer par dessus les vallées , les fleuves et les forêts , les montagnes et les villes , puis revenir , quand bon lui semble vers le sol et s’y poser sur un emplacement librement choisi.
Le 21 novembre 1783 , Pilâtre de Rosier , alors agé de 29 ans accompagné d’un passager aussi courageux que lui , un officier d’infanterie né en Dauphiné, le commandant François Laurens marrquis d’Arlande , prend le départ en ascension libre et s'élève du terrain de la Muette à la lisière nord ouest de Paris. Toute la population de la capitale prévenue est sur pied.
Transportée d'admiration et de fièvre, comme lors de la tentative du marquis de Bacqueville quarante et une années plus tôt, elle va vivre les inoubliables émotions de ce qui fut peut-être la plus grande date de 1'histoire de l'aéronautique. C'est un après-midi d'automne. Le vent de nord-ouest souffle par rafales assez fortes, le pâle soleil est parfois masqué par des nuages bas, mais heureusement assez rares pour ne pas gêner la vue des milliers de spectateurs massés à tous les endroits propices, ou installés sur les terrasses, les toits, sur les tours de Notre-Darne, qui sont noires de monde. Le bruit court, en effet, qu'étant donné le sens du vent, si l'expérience réussit, les deux aéronautes traverseront peut-être Paris... Traverser Paris ? Personne n'ose y croire. Quoi ? Hier encore, l'humanité était enchaînée à la terre et aujourd'hui, pour la première fois au monde, on allait assister à sa délivrance, on allait peut-être voir deux hommes. deux génies, deux fous, passer par-dessus les toits, comme ils l'avaient annoncé, monter dans les nues, se laisser porter par le vent et parcourir sur le ciel une longue distance ? On les verrait voguer là-haut tout seuls, glisser sur l'horizon et finalement se poser par-delà les faubourgs, quand ils le voudraient et comme ils le voudraient ? Allons donc ! C'était une plaisanterie, une fanfaronnade. C'était faire injure à Dieu que de prétendre ainsi se rapprocher de lui et chercher à violer les lois dans lesquelles il avait enfermé à jamais le monde des vivants ! Mais soudain, les conversations, les discussions passionnées, les propos sceptiques ou pleins d'espoir, les cris, les chants, les rires, tous les mille bruits de la foule impatiente se sont tus d'un seul coup, tranchés net par un spectacle inoui qui serre aussitôt les gorges, écrase tous les coeurs dans les poitrines. Là-bas, du côté du Bois de Boulogne, au-dessus des terrains vagues de Passy, s'élève majestueusement un énorme globe couleur d'azur et d'or, bulle de savon géante, irisée au soleil comme celles que gonflent les enfants au bout d'une paille. Il a pris son vol derrière les arbres du château de la Muette et monte franchement et rapidement sur le ciel. il est une heure cinquante-quatre minutes de l'après-midi, exactement.
Alors, après dix secondes d'un silence qui a fait de Paris une ville morte, une ville dont le coeur a cessé de battre, éclate une longue rumeur : « Ce sont eux !Ce sont eux ! C'est la machine aérostatique ! » De la tour Saint-Jacques, des tours de Notre-Dame, des tours de Saint-Sulpice, que Chalgrin vient alors à peine d'achever, tombent sur les toits, sur les rues, sur la cohue qui s'écrase aux carrefours des cris d'animation, des renseignements lancés à pleine voix qui se propagent à la vitesse d'une traînée de poudre : La machine vole, la machine Vole ! Elle approche ! Elle approche ! Alors tout Paris est dehors. Les maisons, les boutiques, les bars et les cafés se sont vidés d'un seul coup sur le pavé. Les quais et les ponts de la Seine, les places publiques, le Champ-deMars, les Invalides sont envahis par une marée humaine. Tout le monde se coudoie, se parle, rit ou pleure. Confondus dans le même foi enthousiasme, marquis ceints de l'épée, comtes et chevaliers poudrée, bourgeois, et blanchisseuses, pâtissiers roturiers, notaires, magistrats filles de joie, riches et gueux, tous ces gens, qui six années plus tard, vont s'entre-déchirer et s'égorger sans merci dans le drame le plus terrible et le plus atroce qui ait jamais ensanglanté la France, fraternisent dans le même délire, communient dans l'exaltante impression, assister à un événement prodigieux, qui frappe les âmes simples et soulève d'orgueil et d'espoir les esprits cultivés, tous ceux qui réfléchissent et déjà se tournent vers l'avenir : l'homme vole ! L'homme a quitté la terre ! La montgolfière, après s'être élevée au-dessus du jardin de la Muette, a dérivé sous le vent et, se rapprochant de la Seine, a survolé la Visitation de Chaillot à faible altitude. Alors qu'elle donnait l'impression de vouloir rapidement monter, les spectateurs la voient, au contraire, baisser sensiblement. Ils distinguent les aéronautes dans la piste circulaire qui leur sert de nacelle et entoure la base de l'enveloppe percée d'orifices carrés, dans Lesquels tous deux s'activent à introduire de la paille enflammée. Pilâtre et d'Arlandes, pour être plus à l'aise, ont enlevé leur habit et gardent les bras nus jusqu'aux épaules. Ils sont alors si bas, qu on entend leurs voix et leurs mutuelles exhortations à bien entretenir le feu. Saisi dans le courant d'air froid qui règne sur le fleuve, l'aérostat a quelque peine à le franchir. Il longe un moment l'île des Cygnes, remonte le lit de la rivière jusqu'au-dessus de la barrière de la Conférence. Inquiets, Pilâtre et le marquis d'Arlandes, ont enfourné à qui mieux mieux de la paille dans le foyer et la montgolfière est alors brusquement enlevée. Elle atteint bientôt 3000 pieds, c'est-à-dire environ 1000 mètres, et traverse enfin la Seine n'on loin du Champ-de-Mars. Elle passe lentement entre l'École Militaire et les Invalides, où la foule qui garnit les avenues a tout le loisir de la contempler, avec son enveloppe d'un bleu de roi richement décorée d'attributs et de motifs d'or. La partie inférieure est entourée de fleurs de lys portant au-dessous les douze signes du zodiaque. La zone centrale est frappée des chiffres de Louis XVI, les deux L entrelacés, quatre fais répétés et entremêlés de soleils éclatants. La partie inférieure est garnie de macarons et de guirlandes prenant appui sur le bec d'aigle aux ailes largement éployées. La galerie circulaire supportant les deux aéronautes imite, comme un rideau de théâtre, les plis de tentures cramoisies à franges d'or.
 
D'en bas, les spectateurs peuvent à plusieurs reprises distinguer d'Arlandes agitant son mouchoir « à l'adresse de ces malheureux humains qu'il laisse dans une situation moins douce que la sienne ». Puis, l'aérostat dérive de nouveau sous le vent de nord-ouest et file vers la Cité, où les curieux entassés sur les plates-formes de Notre-Dame ont la chance de le voir passer non loin d'eux, son ombre un instant projetée sur l'une des deux tours. Des flots de fumée bleue ne cessent de s'échapper de la trappe inférieure de la montgolfière, et d'Arlandes fait observer à Pilâtre de Rozier que la partie inférieure de l'enveloppe, tournée à cet instant vers le sud, est rongée par le feu et qu'elle « est remplie de trous ronds dont plusieurs sont considérables ». Il s'efforce, à l'aide de l'éponge humide dont il est muni à cet effet, « d'éteindre le feu qui mine quelques-uns de ces trous », mais, « s'étant aperçu, en appuyant pour essayer si le bas de la toile tient bien au cercle, qu'elle s'en détache très facilement », il crie à son brave compagnon qu'il faut descendre. Pilâtre se met à rire et répond : "Impossible, nous sommes sur Paris " Tous deux, ayant vérifié de plus près si la toile, en partie détruite par le feu, résiste encore, se rassurent à cet examen et décident de prolonger le vol. Ils passent au-dessus des Missions Étrangères, laissant à gauche «une espèce de bois » que d'Arlandes croit être le Luxembourg, puis atteignent les Nouveaux Boulevards du petit Gentilly, près d'un moulin à vent dénommé Moulin-de-Croulebarbe. Les dernières maisons de Paris ont glissé derrière les deux vaillants aéronautes. Devant eux, s'ouvre la pleine campagne, le vent d'automne fait tourner les grandes ailes de toile de nombreux moulins. Pilâtre de Rozier les a aussitôt reconnus. Ce sont ceux de la Butte-aux-Cailles, réplique, au sud de la Seine, des moulins qui, au nord, hérissent le coteau de Montmartre. Les deux aéronautes décident alors d'atterrir. « Cessons le feu ! » dit d'Arlandes. La montgolfière se rapproche du sol. « Gare les moulins ! » crie aussitôt Pilâtre. Il éparpille en hâte une botte de paille l'enflamme et l'aérostat remonte de quelques mètres, pour aller finalement se poser à courte distance, sans moindre heurt, dans une zone libre entre le Moulin-des-Merveilles et le Moulin-Vieüx. Il est alors 2 h. 20 de l'après-midi. Pilâtre de Rozier et le marquis d'Arlandes se dégagent sans difficulté de l'enveloppe qui, cessant d'être à l'air chaud, s'est affaissée sur eux et ils répondent joyeusement aux acclamations des premiers accourus. Parmi eux, se trouve le duc de Chartres qui, parti de la Muette, à cheval, n'a cessé de galoper à bride abattue à la poursuite de l'aérostat.
Bientôt, la foule survient à son tour et déferle sur la Butte-aux-Cailles. Cavaliers, carrosses, piétons se précipitent! La population est difficilement endiguée par la maréchaussée. Les,admirateurs enthousiastes, forment une cohue que l'on retrouvera intacte cent quarante-quatre années plus tard, lorsque Lindberg, ayant traversé l’océan Atlantique, atterrira au Bourget. Tous se ruent sur Pilâtre de Rozier et le marquis d'Arlandes, et mettent sans vergogne leurs redingotes en pièces, afin de s'en partager les morceaux à titre de glorieux souvenirs.
 
Ces souvenirs-là, ils peuvent, en effet, les conserver. Ce 21 novembre I 7 8 3 est un beau jour. Le premier vol aérien humain vient d'avoir lieu. Il a duré vingt-six minutes. Grâce à François Pilâtre de Rozier et grâce à François Laurent, marquis d'Arlandes, l'impérissable honneur en revient à la France. Et, comme ours, quand une aurore va naître sur le monde, celle-ci a choisi pour berceau le ciel de Paris.
 
Photo: Histoire de l'aviation Flammarion 1958
 

CHARLES ET ROBERT. - Avant de poursuivre l'histoire du plus lourd que l'air, il serait injuste d'abandonner cette fin du XVIII e siècle sans citer encore les noms de deux très grands aéronautes : Charles et Robert. Alors que les frères Montgolfier utilisent exclusivement l'air chaud comme force ascensionnelle, Charles, physicien déjà connu à Paris, s'étant abouché avec les frères Robert, fabricants d'appareils de laboratoire, a eu l'idée d'essayer, pour le gonflement des ballons, un gaz très léger et tout nouvellement découvert, alors appelé air inflamniable, qui n'est autre que l'hydrogène. Les résultats ont été aussitôt encourageants. Et le 1er décembre I783, soit tout juste dix jours après l'exploit sensationnel de Pilâtre de Rozier et du marquis d'Arlandes, Charles et l'un des frères Robert, le plus jeune des deux, se déclarent prêts à renouer même à améliorer avec leur procédé la performance de leurs prédécesseurs. La course aux records est désormais ouverte. Et de fait, le même jour, et cette fois non plus dans la banlieue, mais bien coeur de Paris, en plein jardin des Tuileries, à côté du bassin central, Charles et Robert ont fait porter leur machine, dont la nacelle figure une nef dorée, décorée de guirlandes de roses.

Si l'expérience de Pilâtre de Rozier avait soulevé la curiosité générale, du moins le départ avait-il être pris loin du public, dans un parc privé. Aujourd'hui, l'ascension de Charles et Robert va avoir lieu . Le bruit s'en étant répandu, les Tuileries sont bientôt envahies par une foule comme on n'en a encore jamais vu, même le 21 novembre. Après un départ remarquable, (Charles et Robert s'élèvent rapidement et s'éloignent vers le nord. Ils laissent Montmartre à leur droite, franchissent la Seine une première fois à Asnières, la repassent à Argenteuil, coupent l'Oise, longtemps après, à l'IsleAdam et finalement atterrissent dans les champs, près d'un village, à Nesle. Ils ont tenu l'air deux heures et cinq minutes et sont montés à plus de 3000 mètres. Ils sont détenteurs, et de loin, du triple record de durée, d'altitude et de distance en ligne droite.
L'enthousiasme a été indescriptible. Par un heureux hasard, un témoin oculaire, du nom de Mercier, a pris soin de nous en laisser lui-même, la relation. La voici, après plus d'un siècle et demi, encore toute vibrante et toute chaude:
 
«Premier décembre I 78 3, jour mémorable! Charles et Robert s'élèvent dans les airs, à la vue d'un peuple immense remplissant ou escaladant le jardin des Tuileries, dont les portes furent forcées. Quand on a vu ce spectacle, il n'y a plus rien à voir en fait d'assemblée nombreuse, ondulante et variée. Deux cent mille hommes levant les bras au ciel dans les attitudes de la surprise, de l'admiration, de la joie et de l'étonnement: les uns pleurant d'effroi pour les hardis physiciens, les autres tombant à genoux, suffoqués de surprise, de terreur et d'attendrissement : tous les spectateurs identifiés aux aéronautes, qui, calmes et tranquilles, saluaient... la nouveauté, la majesté de cette superbe expérience; un soleil pur, invitant les voyageurs aériens, qui semblaient dire adieu à la terre; ceux-ci se perdant dans les nuages, aux acclamations de leurs concitoyens, enfin ce ballon immense : non, jamais la Physique n'a créé sur le globe un moment plus extraordinaire, plus propre à verser l'enthousiasme dans les coeurs et jamais ce jour unique ne se représentera. Quand on ne serait venu au monde que pour recevoir, en un seul jour, une sensation mélangée aussi vive, aussi profonde, aussi délectable, il faudrait encore bénir l'existence. »
 
C'est quelques mois plus tard, au printemps de 1784, que Blanchard, lui aussi, réussira enfin à faire voler sinon à diriger son fameux vaisseau volant. Il y avait six mois à peine que pour la première fois au monde, un homme avait eu l'impérissable gloire de s'élever au-dessus de la terre.
 
REMARQUE : Pilàtre de Rozier devait d'ailleurs périr, avec un passager nommé Romain, par incendie de son aérostat en plein vol, le 13 juin de l'année suivante, en cherchant à franchir la Manche, pour se rendre en Angleterre. Pilàtre de Rozier et Romain sont les premières victimes de l'air.
 
QUESTIONS à l'adresse des élèves qui mettent la Main à la Pâte.
Quelles sont les solutions techniques successives , qui ont permis d’améliorer le vol des aéronefs ?
Quelles sont les contraintes imposées à ce type de vol ?
 

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PREMIER VOL DU ZEPPELIN
 
Le 2 juillet 1900 à 20h, le premier dirigeable rigide de l’histoire, le Zeppelin 1 , effectue sa première ascension au dessus du lac de Constance. Cet assemblage de poutrelles d’aluminium entoilé, conçu par le comte Ferdinand Adolph Henrich von Zeppelin, ancien général de cavalerie , emporte à son bord , outre le comte , le baron Von Bassus , l’ingénieur Ludwig Dür, le mécanicien Cross et le journaliste Engle Wolf. Malheureusement , après 18 minutes d’ une évolution tranquille à 300m d’altitude , un incident mécanique du à un emmellement de cordage contraint le cigare géant à se poser en douceur sur l’eau , devant Immerstadt. Cela n’altère pas la satisfaction du comte , car le ballon a complètement obéi au gouvernail et à l’hélice, et a pu monter contre le vent avec facilité. Cet appareil en impose par la taille , que surpasseront ,pourtant et de loin , ses 119 successeurs. Il se compose d’une carcasse en aluminium de 128m de longueur et 10 m de diamètre et d’un volume de 11300 mètre cube , divisée en 17 cellules remplies de d'hydrogène, gaz par trop inflammable. Un réservoir de 350 litres d’eau sert de lest . Le dirigeable porte 2 nacelles équipées chacune d’un moteur Damler , à 4 cylindres de 14.2 chevaux , lequel actionne quatre pales. La formule va bientôt évoluer et Zeppelin va devenir un nom commun désignant un paquebot du ciel.
Photo: Histoire de l'aviation Flammarion 1958
L’explosion du LZ 129 Hindenbourg , à Lakehurst près de New york en 1937 met un terme à l’exploitation commerciale des Zeppelin à hydrogène .
 

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LE TOUR DU MONDE EN BALLON  
 
Le 21 mars 1999, le Suisse Bertrand Piccard et le Britannique Brian Jones atterrissent en Égypte après avoir bouclé le tour du monde en 19 jours 21 heures et 47 minutes. Ce vol constitue aussi un record de durée, d’altitude (1 1 755 m) et de distance, avec 40 813 kilomètres. Partis le premier mars au matin à (9 h 05) du Château-d'Oex (Suisse), ils ont survolé pas moins de vingt-cinq Pays d'ouest en est. Selon le même Principe de ballon que celui utilisé par Jean-François Pilâtre de Rozier (1 754-1785) lors de son dernier vol, le 15 juin 1785, - combinaison d'une montgolfière et d'un ballon à gaz rempli à cette époque d'hydrogène - mais cette fois avec deux énergies modernes (l'hélium et le propane), les deux Européens ont réalisé, à une vitesse qui n'a jamais dépassé les 250 km/h, un des derniers exploits mythiques de ce XX siècle. Cette réussite est due à la conjonction de trois éléments : équipe, technologie et chance . Pour son troisième essai (les deux premières tentatives ayant échoué en raison de problèmes techniques), Bertrand Piccard n'avait rien négligé. Fort de son expérience, il avait fait légèrement modifier l'enveloppe (haute de 55 mètres soit la taille de la tour de Pise) pour diminuer le volume d'air à chauffer, utilisant des matériaux isolants fabriqués pour la N.A.S.A,, tout en augmentant la surface ignifugée de la partie supérieure. Ce qui avait pour but de réduire les besoins en propane. La partie ballon à gaz (localisée à l'intérieur de l'enveloppe), est constituée de deux poches d'hélium d'un total de 18 500 M3 (15 p. 100 de volume supplémentaire que lors de la précédente tentative) . Une rozière, ballon mixte, est conçue pour utiliser, la journée, la partie ballon à gaz (l'hélium se dilatant avec le rayonnement solaire), et, la nuit, la partie montgolfière, la flamme des brûleurs réchauffant l'hélium. Ce gaz augmente en effet de volume avec la chaleur, ce qui permet au ballon de se maintenir en altitude (il pèse au décollage 8,1 tonnes - aussi lourd qu'un avion de chasse). La nacelle (fabriquée en Kevlar et en fibres de carbone, mesurant 5,4 m de longueur, 2,5 m de largeur et 2,85 m de hauteur, soit un espace habitable de 13 M3 environ), dotée d'une quille pour flotter en cas d'amerrissage, était pressurisée pour voler à une altitude pouvant dépasser les 30 000 pieds (10 000 mètres), avec une température extérieure de - 56 °C. En dehors du confort rudimentaire pour affronter un maximum de vingt et un jours de vol, une technologie de pointe avait été embarquée, ainsi que les moyens de communication (radios, système GPS, balises, transpondeurs), permettant aux aérostiers d'être reliés à toute la planète et d'être suivis à chaque instant. La nacelle était harnachée avec une superstructure en titane pouvant supporter les vingt-huit réservoirs de propane de 100 kilogrammes chacun.
 
 
 
A la différence des deux premières tentatives, du gaz propane alimentait les brûleurs, au lieu du kérosène : choix guidé par une meilleure connaissance de ce gaz dans le monde aérostatique par rapport à l'autre carburant utilisé par les avions.
L'énergie électrique nécessaire à bord était obtenue par cinq batteries au plomb, rechargées par des panneaux solaires qui pendaient sous la nacelle.
Les pilotes étaient revêtus de combinaisons en fibres synthétiques isolantes, de type microfibres et fibres polaires, adaptées à la température intérieure de 15 °C, ainsi que d'équipements de survie de haute technologie.
Pour réussir un tour du monde en ballon, il faut décoller à une époque bien précise: l'hiver dans l'hémisphère Nord, très tôt le matin pour éviter l'effet des rayonnements du soleil. C'est à cette période que lesjets streams (ou courants-jets), vents soufflant entre 7 000 et 12 000 mètres d'altitude, généralement d'ouest en est, sont les plus puissants et les plus réguliers. Ceux-ci prennent la forme de longs « tunnels » aplatis, s'étendant sur plusieurs milliers de kilomètres, dans lesquels peuvent s'engouffrer les ballons. « Moteurs » essentiels pour tourner autour de la Terre, ils sont cependant fractionnés, aucun ne permettant à lui seul d'effectuer le tour du globe. C'est là qu'intervient la prouesse des météorologues de l'expédition, sortes de « routeurs » qui accompagnent l'équipage de la phase de pré-alerte (cinq jours avant le décollage) à l'atterrissage. Ils ont ainsi guidé le ballon dans les différents tubes aériens de manière à optimiser son parcours. Et c'est ici que la confrontation des observations des pilotes à l'intérieur de la nacelle et des calculs et prévisions des météorologues restés au sol, à plusieurs milliers de kilomètres du ballon, doit être un travail d'équipe, fondé sur une parfaite connaissance des phénomènes météorologiques.
 
Prouesse sportive et réussite technologique : le record de Piccard et de Jones à bord de leur vaisseau aérien, Breitling Orbiter-3, est tout cela à la fois.
 
Au-delà demeure la part du rêve qu'ils ont fait passer en mettant la technique au service de l'homme. Bertrand Piccard, petit-fils du physicien Auguste Piccard qui, au début du XX e siècle, est monté en ballon dans la stratosphère, inventeur de la pressurisation, fils de Jacques Piccard qui a vaincu la profondeur des mers à bord d'un bathyscaphe, est lui aussi entré dans le livre d'histoire de l'aéronautique et des grandes conquêtes de l'humanité.
 

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